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avr 16 2013

La «Cocotte», une centenaire bien conservée

Le Mirage F1 a cette année 30 ans Vendredi 12 avril 2013, l’escadron de reconnaissance 2/33 «Savoie» a organisé une journée de traditions sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan afin de célébrer le centenaire de l’escadrille BR11 «Cocotte» et les 30 ans du Mirage F1.

La commémoration a commencé, en début d’après-midi, par une cérémonie présidée par le général Bernard Ducateau, contrôleur général des armées. Un Mirage F1 CR, un Mirage F1 B, un Bréguet XIV, un Fouga magister et un Marchetti belge, des avions ayant marqué l’histoire de l’escadrille ont été mis en place sur le taxiway, devant les troupes en section. La cérémonie a été clôturée par un défilé aérien de quatre Mirage F1 CR.

Un «escadrillage»,  remise d’insigne d’escadrille, s’est ensuite déroulé au profit des pilotes et mécaniciens «aspirants Cocotte» en compagnie des anciens de l’escadrille. Puis, une exposition statique a présenté, à l’aide de photos et de planches descriptives, les 100 années d’histoire de la BR11.

Outre la Première et la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, la BR11 a participé à toutes les grandes opérations qui ont contribué à la grandeur des armes de la France, dont la dernière en date, l’opération Serval (Mali).

  Il était une fois la BR11…Vingt ans avant que l’arme aérienne ne soit reconnue comme telle, et à l’heure où l’avion n’était encore qu’une passion partagée par un très petit nombre de découvreurs intrépides, c’est au sein de l’armée de terre que ce nouvel outil est employé, et ce sont les structures de la cavalerie qui l’accueillent. Ainsi, c’est une escadrille qui est créée le 10 juin 1913 à la Brayelle, près de Douai. L’escadrille n°11 mettait en œuvre des Caudron G-3, d’où sa dénomination de C-11.  À peine un an plus tard, l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et le jeu des alliances européennes accélèrent l’Histoire et cette jeune unité commandée par le Lieutenant Pégat, quitte son terrain à la fin du mois de Juillet 1914 pour venir s’installer à Montmédy, dans la Meuse, et se placer ainsi à la disposition du 2e corps d’armée.

Dans cette guerre d’un genre nouveau, où l’avion et le char découvrent leur emploi tactique et leur rôle stratégique, c’est à l’épreuve du feu que naît l’escadrille et que grandissent ses héros. Affectée tout d’abord à la Ve armée, elle prit part aux batailles de Belgique puis participa aux combats de la Marne, en renseignant le commandement sur les mouvements de l’adversaire et en attaquant les colonnes ennemies avec des fléchettes en acier. Outre la bravoure qui signe chacune de leurs actions, c’est aussi leur inventivité, leur esprit d’initiative et l’enthousiasme toujours renouvelé de leur engagement qui caractérise ces pionniers de l’aviation et ces combattants héroïques.

Au plus fort du conflit, et alors que de chaque côté du front les soldats morts au combat sont dénombrés par milliers, la C-11 figura parmi les premières escadrilles à accomplir des réglages d’artillerie et des expériences de T.S.F. ainsi, ce sont les prémisses des armées modernes qui naissent sur les terres ensanglantées de la Marne.

La jeune escadrille, endeuillée par les pertes françaises, mais déjà glorifiée par les succès de ses héros, arriva sur le terrain de Verdun en mars 1915 et fut rattachée en juin suivant au commandement de la région fortifiée. C’est au cours du même mois que la capitaine Vuillemin, pionnier de  l’aviation de bombardement et futur chef d’état major général de l’armée de l’air, prit cette unité sous ses ordres. L’essentiel des missions dans lesquelles se trouva engagée la C-11 consista en reconnaissances photographiques et en mitraillage des tranchées ennemies.

Equipée progressivement de Caudron G-4, et évoluant au rythme des progrès techniques et des succès tactiques, l’escadrille quitta Verdun en septembre 1915 et s’installa à Ancemont. C’est à la même époque que le capitaine Vuillemin obtient la première victoire aérienne remportée par cette unité, en compagnie du sous-lieutenant Dumas. Ne se laissant pas abattre par cette guerre qui s’éternise et par les batailles perdues, la C-11 participa ensuite à la grande offensive lancée par l’armée française en Champagne en septembre 1915 et y assura des réglages de tirs, en même temps que des bombardements de gares.

Devenue escadrille organique du 2e corps d’armée en février 1916, cette unité allait se dépenser sans compter au cours de la bataille de Verdun, en assurant le repérage des batteries adverses et en coopérant avec l’infanterie amie; elle obtint lors de ces affrontements plusieurs victoires aériennes. Dans le même temps, le capitaine Vuillemin mettait au point des sorties de bombardement sur les arrières allemands avant de faire prendre à sa formation le chemin de Villers-Bretonneux, dans la Somme, en juin 1916.

C’est à partir de ce terrain que la C-11 participa à l’offensive lancée dans la région par les français et les britanniques, à partir du 1er juillet. Contrôlant de jour les tirs de l’artillerie, l’escadrille effectua  la nuit des attaques à la bombe sur les gares de Péronne, de Ham et de Nesles. Ce sont là les premiers vols de nuit emblématiques des pionniers de l’aviation qui ont inspiré des générations de pilotes.

Envoyée au repos à Toul à la fin de l’année 1916, la C-11 occupa en février suivant un secteur plus calme près de Bioncourt, en Moselle. Puis en avril ses avions rejoignirent Hourges dans la Marne, en vue de préparer la grande attaque prévue sur le Chemin des Dames par le général Nivelle.

A la fin de juillet la C-11 partit pour le terrain de Grigny, dans la Marne,  depuis lequel elle mena des sorties de reconnaissance photographique au dessus de la forêt d’Argonne pour le compte du 31e corps d’armée. Quatre mois plus tard, l’escadrille perçut des Bréguet 14 et reçut la dénomination nouvelle et définitive de BR-11.

Étant intervenue lors des grandes offensives allemandes de 1918 en Picardie et sur l’Aisne, la BR-11 allait être engagée dans la contre offensive du 18 juillet sur l’Ourcq. Quand l’armistice entra en vigueur, elle se trouvait à Lunéville, en prévision de l’attaque sur la Lorraine programmée par le haut commandement allié.

Ainsi, au long des cinq longues années de cette guerre sanglante, la BR-11 n’a cessé de se déplacer, de s’adapter et de se réinventer au fur et à mesure des évolutions de la technique et des décisions stratégiques de la première guerre mondiale.

À la signature du traité de Paris en 1919, la BR-11 est envoyé en occupation sur la rive gauche du Rhin, puis intégrée dans le 33e régiment d’aviation en août 1920 et devint une des composantes du 4e groupe d’observation. Elle devait constituer en 1932 au moment de la réorganisation de l’armée de l’air, la 1ère escadrille du 1er groupe de Reconnaissance de la 33e escadre, le I/33.

En 1939, alors que les ambitions du IIIe Reich se dévoilent et laissent entrevoir le conflit à venir, la BR11 consacre son activité à la surveillance des vallées du Rhin et de la Moselle afin de déceler les mouvements des troupes allemandes.

Lorsque la bataille de France commence le 10 mai 1940, les missions aériennes se succèdent jour et nuit pour renseigner le commandement sur l’évolution des combats. L’invasion rapide du territoire national obligea le GR I/33 à se replier vers le sud de la France. Le 17 juin 1940 eut lieu la dernière mission de guerre du groupe. L’équipage de la Cocotte ne rentra pas.

Le 31 août 1940 vit la dissolution du GR I/33 et quinze ans ont été nécessaires pour que puisse renaître la Cocotte le 1er Avril 1955 au sein de la 33e Escadre de Reconnaissance. En 1956, l’escadron prendra le nom de «Moselle» pendant les Trente Glorieuses, au cours desquelles la France s’illustre par l’innovation et l’excellence de son industrie aéronautique. Equipé de F84G, la Cocotte participera à tous les exercices ou concours nationaux et OTAN, à l’époque où la Guerre Froide place face à face deux blocs compacts.

En septembre 1958, à la naissance de la Vème République, le 3/33 fait mouvement  d’abord vers l’Allemagne sur la base de LAHR puis définitivement vers Strasbourg. En moins de cinq décennies, l’aviation est devenue une arme stratégique, déterminante dans les conflits et faisant preuve d’un professionnalisme et d’une technicité exemplaires. L’escadron ne cesse d’évoluer, les Mirage III B et R font leur apparition en 1963, puis le III RD en avril 1968. Les capacités de reconnaissance évoluent également avec la réception d’un capteur infrarouge puis un système de reconnaissance radar tout temps dans les années 70. Le 3/33 Moselle est opérationnel sur Mirage F1 CR à compter de juillet 1988. Les évolutions techniques et politiques ont fait subir à l’armée de l’air bien des bouleversements, et si le 3/33 disparaît en 1993, la Cocotte, elle, reste bien vivante comme seconde escadrille de l’ER 2/33 Savoie depuis maintenant vingt ans.

Outre la Première et la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre Froide, la BR11 a participé à toutes les grandes opérations qui ont contribué à la grandeur des armes de la France : Épervier (Tchad), Daguet (Irak), Godoria (Djibouti), Provide Comfort (Irak), Crécerelle (Bosnie), Salamandre (Bosnie),  Turquoise (Rwanda), Alysse (Irak), Trident (Kosovo), Artemis-Mamba (RDC), Enduring Freedom (Afghanistan), Harmattan (Lybie) et Serval (Mali).

Palmarès:

2 citations à l’ordre de l’armée

1 citation à l’ordre du Corps d’armée

11 victoires aériennes homologuées

Croix de guerre 14-18 avec 2 palmes

Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 14-18

Droits : @ Armée de l’air

1 Commentaire

  1. Dubédat

    Bonjour,j’aurais voulu savoir si cette année,il y a une journée ouverte au public,comme l’année dernière.Ensuite,comme je suis passionné par le Mirage lV,je l’ai réalisé en inox,à l’échelle 1/32 (environ).Il s’agit d’une maquette fabriquée en 1h30.Cela peut paraitre impossible,et pourtant c’est véridique!.Je souhaiterais vous la présenter,non pas pour le détail réaliste de l’avion,mais pour le plaisir de connaitre votre avis sur cette maquette.Je monte aussi desmaquettes d’exposition;et je reve d’exposer sur la base lors d’un meeting. Je pratique l’aéromodélisme,et j’ai dans mes projets,la construction du Mirage 2000,et bien sur du Mirage lV.Le Mirage lll,est aussi l’un de mes avions préférés!.Voilà,j’espère avoir l’opportunité de venir à la BA118.Merci de votre interessement à ce message,je suis joignable au 05 62 09 50 26.Merci,et à bientot.Amités à tout le personnel de la BA118.

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