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août 17 2012

L’armée de l’air invitée au centenaire des forces aériennes russes

La présentation du Rafale peint aux couleurs du "Normandie-Niemen" a été remarquable et remarquée. Les 11 et 12 août 2012, le général Antoine Noguier, commandant la défense aérienne et les opérations aériennes (CDAOA) s’est rendu pour représenter l’armée de l’air française en Russie afin de commémorer le 100e anniversaire des forces aériennes russes.

Le week-end dernier, sur la route qui mène de Moscou à l’aéroport de Joukovski situé à une quarantaine de kilomètres de la capitale, il aura fallu être patient. Des voitures à perte de vue, des kilomètres d’embouteillages, un véritable chemin de croix pour enfin arriver en « terre promise » celle des passionnés d’aéronautique. Pour son 100e anniversaire, l’armée de l’air russe a vu très grand !

Les 500 000 visiteurs et invités ont ainsi pu découvrir ou re-découvrir dans le ciel russe des avions anciens et de puissants avions de combat. L’ensemble des aéronefs, qui ont écrit l’histoire de l’armée de l’air russe, était au rendez-vous. Pour l’événement, 76 pays ont été invités. Les Britanniques sont venus avec la patrouille des «Red arrows», les Italiens avec les neuf avions qui composent la «Frecce Tricolori», les Polonais, les Finlandais et les Turcs avaient également fait le déplacement. Côté français, le général Noguier était, quant à lui, accompagné par le commandant Alexandre Richard, commandant en second de l’escadron de chasse « Normandie-Niemen » de Mont-de-Marsan et de la Rafale Solo Display Team. «C’est un grand honneur d’être ici aux côtés de nos camarades russes avec qui nous partageons une longue tradition qui remonte à la Seconde Guerre mondiale », tient à souligner le général Noguier. « La présentation aérienne du Rafale portant les couleurs du Normandie-Niemen a été remarquable et très remarquée. C’est impressionnant de se rendre compte de la symbolique que représente cette escadrille pour le peuple russe. Les aviateurs sont venus combattre auprès de leurs frères russes pendant la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup y ont laissé leur vie, mais leurs mémoires est très présente », conclut avec beaucoup d’émotion le général.

Pas de répit, ni une seconde où il ne se passe rien dans le ciel de Joukovski. Dès le 11 août, les parachutistes russes ont ouvert le show, en sautant d’un L-410, portant chacun des drapeaux géants, l’un incarnait la Russie, l’autre le ministère de la Défense et le dernier la force aérienne.  Puis six avions Sukhoï 25MB ont peint le ciel de l’aéroport aux couleurs du drapeau russe. Impressionnant : Une patrouille composée de 21 MiG29SMT, Sukhoï 25SM et Sukhoï 27SM3 ont survolé la foule, alignés, en formant le chiffre « 100 ». Il y en avait pour tous les goûts. Le 12 août, c’est le plus vieil aéronef qui a fait son apparition dans le ciel. Les anciens ont tout de suite reconnu le fameux Blériot XI, l’avion du constructeur français qui a été le premier à franchir la Manche en 1909 et qui fut également le premier aéronef utilisé par l’aviation militaire russe.

Entre deux averses, le public aura eu la chance de voir des avions porte missiles supersoniques Tupolev 22M3, des bombardiers stratégiques Tupolev 95MS, mais aussi des avions de transport légendaires comme l’Antonov An-124, surnommé «Rouslan», un des plus gros avions du monde qui transporte des charges diverses comme des locomotives et des satellites.

Lors de sa présentation, la foule russe a salué le Rafale français. Des cris et des applaudissements ont encouragé, depuis le sol, le capitaine Michaël Brocart aux commandes de son appareil peint aux couleurs du «Normandie-Niemen». Impossible de passer inaperçu pour un français sur place et d’éviter les accolades et les photos sur le terrain de Joukovski en souvenir de l’amitié qui unit les deux nations. «Normandie-Niemen, vive la France et le Rafale !» hurle la foule avec un fort accent au «r» roulés.

Le capitaine Brocart se souviendra, quant à lui, de sa rencontre avec Sergei Bogdan, pilote de chasse russe et démonstrateur du T50, un aéronef unique qui a fait une apparition pour ce 100e anniversaire : «Il est venu me rendre visite sur le parking avion pour me saluer et me féliciter de ma présentation. Il s’est installé dans le cockpit du Rafale. Il n’a eu que des éloges sur l’appareil français. Il a surtout apprécié l’ergonomie et les commandes de vol de l’avion», explique le pilote.

Ce séjour en Russie s’est achevé, le 13 août, par un survol historique d’une patrouille comprenant deux Rafale et un Sukhoï russe au-dessus du terrain de Khatenki à environ 200 kilomètres de Moscou. C’est depuis ce terrain, au milieu de la campagne russe, que le groupe de chasse n°3 «Normandie», baptisé plus tard «Normandie Niemen» par Staline,  a débuté les combats contre le fascisme au printemps 1943. Grâce à l’initiative d’un passionné d’aéronautique russe, Gritchenko Andrei Alexandrovitch, le terrain de Khatenki abandonné depuis 20 ans, va devenir d’ici quelques mois un aéroclub portant le nom de «Normandie-Niemen» et abritera en son sein un musée dédié au souvenir de cet escadron franco-russe.

Droits : © Armée de l’air

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