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sept 24 2011

Exercice Circaete 2011 : un Casa intercepté par neuf chasseurs méditerranéens

Exercice Circaete : un Casa intercepté par plusieurs chasseurs méditerranéens Mercredi 21 septembre 2011, un Casa CN 235, deux Mirage 2000 de l’armée de l’air française, deux F/A-18 Hornet espagnols, deux Su-30 et deux MiG-29 algériens et un F-5 Tiger tunisien ont participé à l’exercice de sûreté aérienne annuel «Circaete», fruit d’une coopération appelée « 5+5 Défense » initiée en 2004 entre cinq pays de la rive sud (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) et cinq pays de la rive nord de la Méditerranée (France, Espagne, Italie, Malte et Portugal). Pour cet exercice, hormis la Libye et l’Italie, ces pays ont testé, en conditions réelles, les processus de coordination des postures permanentes de sûreté aérienne (PPS) dans les espaces nationaux respectifs des États membres ainsi que les procédures d’interception des aéronefs. 

Cette année encore, les polices du ciel et les structures de commandement et de contrôle (Command and Control  – C2, notamment le centre national des opérations aériennes de Lyon Mont-Verdun pour ce qui concerne la France) du groupe « 5+5 Défense » ont pu s’entraîner en condition réelle. Un Casa de l’escadron de transport «Vercors» a ainsi simulé une menace aérienne en traversant les espaces aériens de la France, l’Espagne, l’Algérie et la Tunisie. Il a été intercepté par les avions de chasse en alerte dans ces différents pays survolés. Une nouveauté cette année, un «chat» sécurisé accessible à tous les pays membres du « 5+5 » a remplacé l’utilisation des lignes téléphoniques entre les structures C2. L’idée, proposée par la France, est de rendre disponible toutes les informations fournies par les avions de chasse, au cas où un appareil suspect traverserait plusieurs frontières. Cette messagerie instantanée offre un gain de temps considérable dans le partage des renseignements. Il s’agit d’un moyen de communication déjà utilisé dans les missions de guidage aérien pour la transmission ou la confirmation d’informations entre les commandos au sol et les aéronefs en vol. Encore en expérimentation, ce dispositif devrait être bientôt opérationnel lors des opérations de «police du ciel» de niveau européen.

Véritable outil interministériel de lutte contre le terrorisme, la PPS mobilise quotidiennement un millier d’aviateurs. 88 radars, civils et militaires, surveillent en permanence l’espace aérien français. «C’est avant tout, au niveau national, un travail interministériel, explique le lieutenant-colonel Xavier Reymond du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes. Concernant l’armée de l’air, la PPS est renforcée depuis 2001 sur le territoire. Aujourd’hui, grâce aux accords transfrontaliers, nous partageons nos compétences en interalliés, nous nous entraînons régulièrement avec nos voisins, et nous disposons de procédures communes d’interception des aéronefs «suspects», dans le cas où ceux-ci traversent les frontières.»

Au cœur de l’exercice, heure par heure

6h45.  Un Casa de l’escadron de transport «Vercors» décolle de la base aérienne de Creil. L’aéronef joue le rôle d’un appareil civil détourné par des pirates. L’objectif est de mettre en oeuvre, dans un contexte interallié, des procédures d’échanges de renseignement, d’identification et d’interception des appareils.

8h00.  Le centre de détection et de contrôle (CDC) de Lyon repère un aéronef au comportement suspect sur ses écrans. Immédiatement, il lance une alerte et informe le centre national des opérations aériennes (CNOA). La haute autorité de défense aérienne (HADA) décide alors de déclencher la permanence opérationnelle (PO) assurée, dans le cadre de la posture permanente de sûreté aérienne (PPS), par des Mirage 2000, depuis quatre sites militaires (les bases aériennes d’Orange, de Creil, de Mont-de-Marsan, et la base aéronavale de Lorient).

8h11 . Un Mirage 2000 armé décolle de la base aérienne d’Orange. La mission de «police du ciel» a commencé. À peine huit minutes plus tard, le pilote du chasseur établit un contact visuel avec l’avion «suspect». Il connaît désormais le type d’aéronef détourné, son immatriculation, son altitude et son cap exact. Il observe également le comportement de l’équipage sans oublier de prendre des photographies. Il peut ensuite tenter d’établir un contact radio avec les pilotes ou tenter de communiquer avec eux par signes. Toutes ces informations sont immédiatement transmises au CNOA et à la HADA, placée sous l’autorité du Premier ministre. Ces renseignements sont indispensables afin que le pouvoir politique puisse décider des mesures à prendre, allant jusqu’à la neutralisation de l’appareil, ultime recours en cas de menace terroriste avérée.

8h45.  Le Mirage 2000 se place à proximité du Casa et «bat des ailes». Cette manœuvre signifie une injonction ferme à l’appareil de suivre l’avion de chasse. Entre temps, pour relayer le chasseur français, un autre Mirage 2000 décolle de la base de Mont-de-Marsan et rejoint le dispositif.

9h20.  Le Casa se dirige maintenant vers l’espace aérien espagnol où deux chasseurs F/A-18 des forces aériennes espagnoles viennent prendre la mission à leur compte, le Mirage français faisant alors demi-tour vers sa base de départ. Les procédures d’identification et de reconnaissance de l’aéronef sont à nouveau appliquées et les chasseurs espagnols rendent compte directement auprès de leur état-major. Ainsi, le Casa reste sous bonne escorte jusqu’à son entrée dans l’espace aérien algérien.

10h30.  Deux Su-30 de l’armée de l’air algérienne sont alertés par la présence de ce «plastron» au-dessus du ciel algérien. Ils se relaient autour de l’aéronef afin de récolter un maximum de renseignements et sont relevés par deux MiG-29. Les manœuvres se poursuivent en relation avec les structures de commandement et de contrôle (Command and Control  – C2) algériennes.

12h30.  Dernière étape pour l’exercice Circaete. Le Casa de l’armée de l’air pénètre dans l’espace aérien tunisien. Un F-5 Tiger de l’armée de l’air tunisienne entre dès lors en jeu. Après s’être positionné sur la gauche du Casa, le chasseur l’accompagne jusqu’à sa sortie de l’espace aérien tunisien.

14h00.  Le Casa et son équipage se posent sur la base aérienne de Solenzara, en Corse, afin d’ avitailler en carburant avant de rentrer à Creil.

Reportage : Lieutenant Marianne Jeune et Quentin Michaud.

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