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mar 26 2011

Présentation de l’opération Harmattan

Le jeudi 17 mars au soir, le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) a adopté la résolution 1973 relative à la situation en Libye, à l’initiative de la France et du Royaume-Uni, dans la suite de la résolution 1970 du 26 février 2011.

La résolution 1973 élargit le champ des sanctions à l’encontre de la Libye et ouvre la voie à l’engagement de moyens militaires pour protéger la population, notamment :

  • elle décide la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne (no fly zone – NFZ) interdisant les vols dans l’espace aérien libyen, à l’exception des vols humanitaires ou d’évacuation, pour protéger la population civile des attaques aériennes des forces du colonel Kadhafi ;
  • elle autorise les Etats membres à prendre les mesures nécessaires pour protéger la population civile et faire respecter la zone d’exclusion aérienne ;
  • elle renforce l’embargo sur les armes avec la possibilité d’inspecter les navires pour aéronefs à destination ou en provenance de la Libye.

Samedi 19 mars 2011, sur ordre du Président de la République, le chef d’état-major des armées (CEMA) a lancé l’opération Harmattan , nom de la participation française à l’engagement militaire international d’opérations aéromaritimes pour protéger la population libyenne contre les attaques des forces du colonel Kadhafi.

Pendant que le dispositif multinational se met en place et monte en puissance, le commandement de chaque moyen militaire est assuré par son état-major national. En France, le commandement des moyens est assuré au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), sous l’autorité du CEMA, et les moyens sont engagés en étroite coordination avec les pays alliés.

L’objectif de cet engagement militaire est bien d’appliquer la résolution 1973 du CSNU, à savoir faire respecter la NFZ pour empêcher les aéronefs du colonel Kadhafi de bombarder la population, et de protéger la population libyenne des attaques des forces de Kadhafi.

Pour atteindre ces objectifs, les moyens de la coalition, en particulier les moyens aériens :

  • conduisent des missions d’interdiction aérienne : il faut détecter les aéronefs qui volent dans la NFZ et être en mesure de les neutraliser ;
  • doivent réduire les capacités de défense, en particulier sol-air, des forces de Kadhafi, pour permettre aux aéronefs de la coalition de faire respecter la NFZ en sécurité ;
  • conduisent des frappes sur des objectifs militaires qui peuvent menacer la population libyenne.

Les forces armées françaises engagées dans la coalition fournissent ainsi des capacités qui lui permettent de conduire des missions de surveillance maritime de détection, de contrôle aérien, de reconnaissance, de frappes aériennes et de ravitaillement.

Dispositif Air

Actuellement, l’armée de l’Air engage en moyenne une vingtaine d’aéronefs par jour : des avions Rafale , Mirage 2000 D, Mirage 2000-5 pour les avions de combat et de reconnaissance, des C135 ravitailleurs et de E3-F AWACS .

Ils fournissent les capacités nécessaires pour réaliser l’ensemble des missions aériennes conduites par la coalition : interdiction aérienne, frappes au sol, contrôle aérien, détection et ravitaillement.

Ces avions opèrent depuis la métropole, principalement depuis :

  • la BA 126 de Solenzara qui accueille une vingtaine d’aéronefs, notamment des Mirage 2000 D, 2000-5 et Rafale ;
  • la BA 113 de Saint-Dizier, en particulier pour les Rafale qui conduisent les missions de reconnaissance ;
  • la BA 125 d’Istres pour les C 135 ravitailleurs ;
  • la BA 702 d’Avord pour les E3-F AWACS ;
  • les BA 105 d’Evreux et 123 d’Orléans pour les avions de transport C 160 Transall .

De plus, un détachement de Mirage 2000-5 français et qataris a été mis en place à La Sude, en Crète, avec notamment trois avions français. Ce détachement est opérationnel depuis le 25 mars. Les Mirage 2000 français et qataris conduisent des missions conjointes.

Dispositif Marine

Depuis le 22 mars, la Task Force 473 , armée par le groupe aéronaval (GAN) du porte-avions Charles de Gaulle , est engagée dans les opérations aéromaritimes en Libye. Elle est constituée du porte-avions Charles de Gaulle , du groupe aérien embarqué (GAé), du pétrolier-ravitailleur Meuse , des frégates Aconit et Dupleix , d’un sous-marin nucléaire d’attaque et des frégates Forbin et Jean Bart qui étaient déjà engagées dans les opérations au large de la Libye avant l’arrivée du GAN.

Le GAN engage au total 26 aéronefs :

  • quatre hélicoptères embarqués sur les frégates (un Panther sur les frégates Aconit , Forbin et Jean Bart – un Lynx sur le Dupleix )
  • six hélicoptères sur le porte-avions : deux Dauphin Pedro , une Alouette 2, ainsi que deux Caracal et un Puma de l’armée de l’Air ;
  • le groupe aérien embarqué (GAé) sur le porte-avions, qui compte huit Rafale Marine de la flottille 12F, six Super Etendard modernisés de la flottille 17F et deux E-2C Hawkeye de la flottille 4F.

Les bâtiments de la TF473 participent aux missions de surveillance de l’espace maritime, de surveillance et de défense aérienne. De plus, le porte-avions Charles de Gaulle permet de déployer sur zone des moyens aériens qui sont complémentaires des avions de l’armée de l’Air. Les aéronefs du GAé conduisent également des missions de reconnaissance, d’interdiction aérienne, de frappes au sol, de contrôle aérien et de détection.

Sources : EMA
Droits : Ministère de la Défense et des anciens combattants

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