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jan 17 2011

L’armée de l’air dans la guerre du Golfe

ll y a vingt ans, dans la nuit du 17 janvier 1991, des centaines d’avions de toutes nationalités (dont des Jaguar français), formant la première vague d’une énorme phalange aérienne, décollent de leurs bases de la péninsule arabique et de Turquie pour se porter à l’assaut du territoire irakien. Jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, autant de moyens n’ont été rassemblés, de l’ordre de plus de 2 400 avions de tous types. Ces appareils, qui seront passés à près de 2 800 le 15 février suivant, viennent de tous les pays qui forment la coalition mobilisée autour des Etats-Unis. Jusqu’à l’ultime moment, la communauté internationale a tenté de négocier avec l’Irak de Saddam Hussein un retrait des forces qui ont envahi le Koweit quelques mois plus tôt, début août 1990. En vain. La voie de la diplomatie et les objurgations de l’ONU s’étant révélées inefficaces, la parole revient désormais aux armes.

Entre-temps, les nations engagées dans l’affaire ont procédé à une montée en puissance d’un dispositif militaire destiné à assurer la sécurité de l’Arabie saoudite et d’un certain nombre de pays ou d’émirats du Golfe. L’opération Desert Shield (Bouclier du désert), telle qu’elle est nommée, permet d’amener à pied d’œuvre des moyens colossaux et, une fois les derniers recours à la négociation épuisés, elle se transforme en une action guerrière qui reçoit le nom de code de Desert Storm (Tempête du désert).

La guerre commence par une vaste campagne dans les airs, remarquablement planifiée et dont l’objectif premier est d’acquérir la supériorité dans les airs en détruisant les bases de l’adversaire, ses radars et ses centres de détection et de transmissions. Elle s’accompagne de la neutralisation de tous les centres névralgiques du pays, qu’il s’agisse d’objectifs politiques et militaires (en particulier, la garde républicaine de Saddam Hussein), mais aussi de la destruction des voies de communication, des ports ou encore des ponts.

L’armée de l’air, tous grands commandements concernés, à travers son aviation de combat, ses ravitailleurs en vol, ses avions de transport, ses hélicoptères et son personnel au sol, prend une part active à cette opération inédite. Elle effectue pendant les quarante-trois jours que dure la phase aérienne de Tempête du désert près de 1 400 missions de guerre sans perdre aucun de ses avions ou de ses personnels, en atteignant un remarquable taux de disponibilité de 95 %.

Le bilan de l’action menée par la voie des airs est édifiant. La bataille terrestre, engagée le 24 février, ne dure que quatre-vingt-seize heures. Quarante-trois jours de bataille aérienne pour quatre-vingt-seize heures de bataille terrestre… Ecrasée, désorientée, abasourdie incapable d’opposer une résistance sérieuse, l’armée irakienne s’est effondrée sous la puissance des coups qui lui ont été portés depuis le ciel. Jamais, auparavant, dans la courte mais dense histoire de la guerre aérienne, même lors de la bataille de Normandie (1944), où la domination anglo-américaine était en tout point écrasante, un tel résultat n’avait été atteint. « Une des leçons de la guerre du Golfe a été de mettre en évidence l’importance de la puissance aérienne. Nos frappes aériennes furent les plus efficaces de toute l’histoire des guerres », affirmera peu après le président George Bush père.

Texte : Monsieur Patrick Facon, historien

Photos : Service historique de la Défense

Source (visitez le site de l’armée de l’air pour voir un diaporama de photos et deux vidéos)

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