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oct 14 2010

Les "Tigres" sortent leurs griffes aux Pays-Bas

Du 4 au 15 octobre 2010, l’armée de l’air a déployé des moyens aux Pays-Bas pour le Nato Tiger Meet  . Cet exercice réunit tous les escadrons de l’Otan ayant le Tigre pour emblème. Il s’agit d’un rassemblement international à haut niveau opérationnel avec, cette année, le concours de douze nations sur la base aérienne néerlandaise de Volkel.

L’escadron de chasse (EC) 1/12 « Cambrésis » de Cambrai et l’escadron de chasse et d’expérimentation (ECE) 5/330 « Côte d’Argent » de Mont-de-Marsan participent à cet exercice international. L’EC 1/12 a mis en place quatre Mirage 2000 C RDI (dont un de la base aérienne d’Orange) et l’ECE 5/330, deux Mirage 2000 D et un Mirage 2000 B dans le cadre des échanges bilatéraux de place arrière. De même, l’escadron de défense sol-air (EDSA) 12/950 « Tursan » de Mont-de-Marsan, renforcé par les EDSA 1/950 « Crau » d’Istres et 2/950 « Sancerre » d’Avord, assure la partie sol-air de l’exercice. Stationné à Marnewaard (250 km de Volkel), le pôle sol-air met en œuvre un système organisé autour de deux Crotale NG et d’une cellule tactique automatisée. Le détachement français comprend un effectif total de près de 120 personnes.

Les Néerlandais bénéficient d’un vaste espace aérien. La zone d’activité aérienne comporte une portion au-dessus de la mer du Nord partagée avec les Britanniques. L’eau étant à 14° C, les équipages sont tenus de revêtir la tenue de vol étanche. L’immensité de la zone permet aux quelque 60 aéronefs de voler de concert. « Nous pouvons conduire des opérations combinées en couvrant tout le domaine de la puissance aérienne : défense aérienne, attaque au sol, suppression des défenses aériennes adverses, reconnaissance, hélicoptères des forces spéciales et de combat, détection et contrôle aéroportés, ravitaillement en vol… énumère le lieutenant-colonel Sébastien Vallette, directeur de l’exercice et commandant l’EC 1/12. Le principe retenu est de réserver la matinée à des entraînements assez simples entre les nations et l’après-midi à des missions bien plus complexes, des COMAO ( Combined Air Operation – opération aérienne combinée) mettant en œuvre des scénarios évolués. » Cet exercice de haut niveau s’inscrit dans le cycle d’entraînement que les équipages suivent en métropole. Le challenge est surtout de travailler dans un environnement international. Tout se déroule en langue anglaise afin de valider les problématiques d’interopérabilité aussi bien techniques qu’opérationnelles. « En 2009 , rappelle le directeur de l’exercice, c’était le seul entraînement de cette nature en Europe . C’est le plus gros exercice annuel de l’Otan. Il dure maintenant deux semaines, ce qui est une plus-value quand autant de moyens sont déployés . »

Pour le soutien, les Néerlandais fournissent une partie de la logistique, le transport, les prestations alimentaires et l’avitaillement. Chaque nation déploie également un lot spécifique pour les aéronefs. «Ici, les Belges, les Norvégiens, les Turcs, les Tchèques et les Grecs, qui volent tous sur F16 comme les Néerlandais, ont une énorme interopérabilité et peuvent aisément mutualiser leurs moyens. Il y a un compromis entre ce que la nation hôte peut fournir et ce qu’il faut déployer par nation », précise le commandant du 1/12 « Cambrésis ».

L’an prochain, du 9 au 20 mai 2011, le cinquantenaire du Nato Tiger Meet (NTM), qui existe depuis 1961, sera organisé par le 1/12 sur la base aérienne de Cambrai. Ce dernier a  été choisi pour l’événement car c’est le dernier des trois membres fondateurs encore en activité en Europe. De plus, ce prochain rassemblement de la communauté « Tigre » se produira un an avant la fermeture de l’escadron et de la base aérienne. La planification du NTM 2011 a d’ores et déjà commencé. « Ce dimanche 10 octobre 2010, nous nous sommes réunis avec tous les participants de l’an prochain. Pour l’occasion, les Suisses, les Espagnols, les Grecs et les Portugais, qui ne participaient pas à l’édition 2010, se sont déplacés sur la base aérienne de Volkel pour assister à la préparation de l’an prochain où 19 nations sont attendues ».

L’an prochain, la base aérienne de Cambrai, avec l’aide d’autres bases aériennes, mettra en œuvre le soutien nécessaire à un déploiement de ce type. « Aucune base en France ne possède les capacités pour héberger autant de personnes dans des infrastructures en dur. Le plus souvent, à l’instar de Volkel, le logement est externalisé dans le secteur civil. Néanmoins, nous étudions une autre solution qui posséderait un atout sur le plan opérationnel  », déclare le lieutenant-colonel Vallette.

Texte : adjudant Jean-Laurent Nijean

Photos : adjudant Cyril Amboise

Source: site de l’Armée de l’Air

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