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juil 06 2010

Une nouvelle ère pour les forces aériennes stratégiques


NdlR: Ce billet vient compléter les billets précédemment publiés sur la mise en service opérationnelle de l’ASMP-A et du Rafale au sein de l’EC 1/91 Gascogne.

Le 1er juillet 2010 ouvre un nouveau chapitre de la dissuasion nucléaire française. « Tout commence aujourd’hui, car, en dignes héritiers des unités des forces aériennes stratégiques, il vous faudra dés ormais assurer la permanence de l’alerte nucléaire», c’est en ces termes que l’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-major des armées, annonce la mise en service opérationnel (MSO) du couple Rafale/ASMPA, lors de son allocution du 1er juillet 2010 sur la base aérienne de Saint-Dizier.

Pour le personnel de l’escadron de chasse 1/91 «Gascogne», créé depuis septembre 2008, cette date résume une longue préparation. C’est le fruit d’un travail acharné où chacun a donné le meilleur de lui-même pour respecter l’échéance du 1er juillet. «Selon moi, la MSO du couple Rafale/ASMPA n’est pas un aboutissement mais un commencement, précise le lieutenant-colonel Sébastien Michel, commandant l’escadron 1/91 «Gascogne». Nous avons réalisé avec tous les organismes étatiques et les industriels, une longue préparation comprenant, l’infrastructure, l’environnement, l’avion et le missile. Aujourd’hui, nous sommes opérationnels et nous pouvons prendre l’alerte. Nous vivons quelque chose d’historique.»

Cette journée célèbre un triple succès. Il s’agit tout d’abord, d’une performance sur les plans scientifiques, technique et industriel. En effet, comme l’annonce le général Jean-Paul Paloméros, chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA), lors de son ordre du jour du 1er juillet 2010 : «L’ASMP-A se distingue non seulement par des performances et par une souplesse d’emploi supérieures mais aussi par la méthode de développement de sa tête nucléaire aéroportée. C’est la première arme nucléaire mise au point et garantie sans essai nucléaire, ceci grâce à des moyens de simulation à la pointe de la recherche scientifique mondiale». Et de poursuivre : «À la pertinence de ce missile répondent aujourd’hui les qualités exceptionnelles d’un nouveau porteur, le Rafale : un avion que pilotes et navigateurs plébiscitent pour sa manœuvrabilité, pour sa puissance et pour son système d’arme performant.»


C’est également un succès humain, celui «de tous ceux qui se sont investis pour que ce système d’arme soit au rendez-vous de la dissuasion française », ajoute l’amiral Guillaud. Cette œuvre commune a fédéré des organismes comme le commissariat à l’énergie atomique pour la mise au point de la tête nucléaire ainsi que la direction générale de l’armement pour les centres d’expertise et d’essai et pour la maîtrise d’ouvrage. Elle compte aussi l’ensemble des industriels impliqués dans réalisation du Rafale, du missile et de toutes les installations de soutien et le service d’infrastructure de la Défense pour les bâtiments.

Pour finir, le succès de la mise en service opérationnel possède une dimension politique. «Le couple Rafale ASMP-A trouve aujourd’hui toute sa place dans la stratégie de Défense et de sécurité nationale, celle initiée il y a plus de 50 ans par le général De Gaulle, celle poursuivie par tous ses successeurs, celle confirmée par le président de la République Nicolas Sarkozy», explique le CEMA. Et d’ajouter : «Les relations internationales sont réglées par des rapports de puissance et l’arme nucléaire est un facteur de puissance qui nous permet de faire partie des nations qui comptent.»

Aujourd’hui, les forces aériennes stratégiques ont atteint la deuxième étape avec le couple Rafale/ASMP-A. Cependant, une nouvelle évolution de la modernisation de la composante nucléaire aéroportée est en marche. Il s’agit du remplacement du parc de ravitailleurs C135 Fr par le MRTT (Multi Role Tanker Transport – avion mixte de ravitaillement et de transport).

Texte : Adjudant Jean-Laurent Nijean

Photos : Sergent-chef Anthony Jeuland

Sources : Sirpa air

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