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juin 29 2010

Dissolution de l’escadron de reconnaissance 1/33 "Belfort"


Jeudi 24 juin 2010, une cérémonie présidée par le général Joël Martel, major général de l’armée de l’air, a marqué la dissolution de l’escadron de reconnaissance 1/33 «Belfort» de la base aérienne de Reims. Interview du lieutenant-colonel Vincent Fournier, dernier commandant de l’escadron.

Mon colonel, le 31 août 2010, l’escadron de reconnaissance 1/33 «Belfort» fermera définitivement ses portes après un peu moins d’un siècle d’existence. Que vont devenir ses traditions et ses avions?

Les traditions vont perdurer. Elles vont êtres partiellement transférées à l’escadron de drone «Adour» de Cognac, notamment celles liées à l’escadrille «La Hache» qui est intégrée au 1/33 et a longtemps été son unique insigne. Il s’agit d’un transfert logique puisque l’escadron de drone remplit aujourd’hui des missions de reconnaissance. Les traditions proches de Saint-Exupéry et notamment celles de l’escadrille «Petit Prince» seront, quant à elles, transférées à l’escadron de reconnaissance 2/33 «Savoie» de la base aérienne de Reims, comme une partie de nos Mirage F1 CR qui lui seront entièrement affectés. Le reste des avions sera ferraillé et le matériel de l’unité sera reversé dans l’armée de l’air par la base aérienne.


Qu’en est-il du personnel du 1/33 ?

S’agissant des hommes et des femmes, environ un tiers des pilotes sera muté normalement sans être remplacé. Il en est de même pour le personnel non navigant de l’unité. De plus, certains rejoindront l’escadron de reconnaissance 2/33 «Savoie», juste à côté. Enfin, quelques pilotes seront transférés dans d’autres escadrons de chasse. Par exemple, l’un d’eux intégrera les forces aériennes stratégiques sur Mirage 2000 N, à Istres. Un autre sera pilote de Rafale sur la base de Saint-Dizier. Je n’ai aucun doute sur leur capacité à bien s’adapter.

Quels sont les sentiments qui animent les participants d’une cérémonie de dissolution ?

Au cours de ma carrière, j’ai vécu deux dissolutions d’unités auxquelles j’ai appartenu : l’escadron 1/30 «Alsace» et le 2/30 «Normandie-Niemen». Lors des cérémonies, j’avais été très ému de revoir la plupart des gens avec qui j’ai fait mes premières armes en escadron. C’est un moment très riche où l’on se rend compte que, finalement, ce qui unit les hommes est de connaître des moments forts ensemble, comme le disait Saint-Exupéry. En escadron, nous connaissons des moments de cohésion inoubliables et même si nous ne nous sommes pas vu pendant cinq ou dix ans, nous avons toujours autant de bonheur et de joie de nous retrouver. C’est le cas lors d’une cérémonie de dissolution, où les anciens et la nouvelle génération se réunissent pour un moment privilégié. C’est un événement à la fois triste et joyeux de se retrouver et de partager les mêmes souvenirs.

Propos recueillis par Ltt Marianne Jeune

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