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juin 10 2010

Compétition «100/24» : six aviateurs dans la course contre la montre


Cent posés-décollés sur 100 aérodromes différents, en France métropolitaine et en 24 heures au maximum. Sur le papier, le challenge proposé par la compétition «100/24» paraît simple. Loin s’en faut. «100/24» met à rude épreuve l’endurance et la concentration des pilotes qui concourent à cette compétition. Cette deuxième édition, qui s’est déroulée du vendredi 4 juin au samedi 5 juin 2010, a une fois de plus tenu toutes ses promesses. Sécurité, performance et surtout émerveillement ont été les maîtres mots de ce millésime 2010.Au milieu des onze équipes participantes, l’armée de l’air était dignement représentée par l’équipage French Air Force 709 de la base aérienne 709 de Cognac. Militaires et civils ont ainsi concouru ensemble, réunis par leur passion commune pour l’aéronautique. Interview avec le lieutenant-colonel Lionel Baverey, membre de l’équipe de Cognac et commandant de l’école de pilotage de l’armée de l’air.

Pendant deux jours, vous avez pris part à la compétition «100/24». Présentez-nous votre équipe French Air Force 709 et vos appareils.

Lieutenant-colonel Baverey : Sur les onze équipes, nous étions la seule composée de militaires, six pilotes représentatifs de l’école de pilotage de l’armée de l’air stationnée sur la base aérienne 709 de Cognac. Le capitaine de l’équipe était le capitaine Stéphane Lintant, pilote de chasse et commandant d’escadrille du centre de formation des instructeurs pilotes. En dehors de moi-même, l’équipe comptait quatre autres membres d’équipage : le colonel Etienne Patry, commandant la base de Cognac, pilote de chasse et instructeur, le capitaine Olivier Garreau, pilote de transport instructeur au 2e escadron d’instruction en vol, et l’aspirant Benjamin Renaudeau, jeune pilote de chasse et instructeur, ainsi qu’un élève pilote, l’élève officier Alexandre Loison. Nous disposions de trois avions TB 30 Epsilon, un intégré dans la course, les deux autres étant des avions d’assistance. Nous avons décollé de Cognac le vendredi vers 13h 30, pour terminer la course le samedi vers 12h30 à Cannes.

Comment se sont déroulés ces 24h de compétition ?

Nous avons effectué sept escales. En partant de Cognac, nous nous sommes posés, dans l’ordre, à Saintes, Vannes, Caen, Cambrai, Nancy, Lyon et enfin Cannes. Nous avons réussi les 100 posés-décollés du défi, tout en survolant la plupart des bases aériennes du pays. C’était un petit «bonjour», entre militaires, très fraternel. Au classement final, nous avons terminé 5e sur l’ensemble des équipes, la distance minimale départageant les équipes ayant relevé le défi. Nous avions optimisé notre trajet pour son rayonnement et non pour le réduire.


Quelle organisation a été mise en place ?

Notre organisation était optimale, car elle impliquait un véritable travail d’équipe. Durant ces 24 heures, les pilotes volaient par équipes de deux. Quant aux autres membres de l’équipe, ils traçaient la route à bord des deux avions d’assistance. À chaque atterrissage, le plein était refait, l’appareil inspecté et le nouveau trajet étudié. Le colonel Etienne Patry a ouvert la marche, au décollage de Cognac. Chaque membre a mis la main à la patte, sans la moindre distinction de grade ou de fonction. Nous étions tous coéquipiers : l’ambiance était naturellement détendue et efficace.

Quelles ont été les difficultés de la compétition?

La fatigue a bien évidemment joué un rôle important, car ces 24 heures ont été éreintantes. Nous avons donc dû toujours maintenir notre niveau de concentration au plus haut niveau. La fatigue ajoutée à la répétition des tâches pouvaient en effet être extrêmement préjudiciables pour notre sécurité. Bien plus que notre endurance, c’est notre professionnalisme qui a surtout été sollicité pendant ces 24 heures.

Quel challenge a représenté pour vous ce «100/24» ?

L’aéronautique comporte deux volets, l’un civile et l’autre militaire qui ont beaucoup en commun. Il apparaît essentiel que, dans le cadre d’une telle rencontre, l’armée de l’air soit présente. En tant que militaire, nous avons donc pleinement représenté notre institution. En tant que pilote, «100/24» a constitué une formidable opportunité de communiquer et d’échanger des expériences complémentaires. Se poser sur tous types de terrains aux quatre coins de France est, d’une certaine manière, une donnée assez inédite pour moi, qui est servi essentiellement en tant que pilote de chasse.

Quels souvenirs garderez-vous de cette expérience ?

Mes souvenirs sont très riches. J’ai pu partager une aventure unique, au milieu d’une communauté de civils et militaires, animés par la même passion. Il est toujours très étonnant de voir, à quel point, nous sommes membres d’une même communauté de cœur. L’échange de nos expériences communes nous a considérablement solidarisés. En outre, la France est un pays magnifique. Quel plus beau plaisir que celui de survoler l’ensemble de ces paysages, au sein d’une équipe fraternelle ?

Propos recueillis par Elsa Clemencio, stagiaire au Sirpa air.

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